Diabète et vie quotidienne


Diabète et voyage

Etre diabétique ne doit pas vous empêcher de voyager. Cependant, quelques précautions s’imposent pour profiter pleinement de votre voyage.


AVANT LE VOYAGE

Il est important de préparer votre voyage suffisamment tôt. Votre médecin généraliste ou votre diabétologue peuvent vous aider à faire la liste de ce qu’il vous faut prévoir en fonction de votre traitement, de votre destination et de la durée de votre séjour.

=> Être autonome est la première nécessité pour partir en voyage.


Choisir sa destination

Il est toujours préférable de stabiliser son diabète avant de partir. Mieux vous serez équilibré (et sans complication évolutive), plus vous aurez de libertés dans le choix de votre destination.

Si votre diabète est instable ou compliqué, préférez les destinations peu éloignées et des séjours plus courts.

Il est indispensable de connaître les centres de soins pour diabétiques du pays de destination (cette liste peut être recueillie auprès de l’ambassade, de l’office de tourisme ou de votre médecin).

Enfin, il est préférable de voyager accompagné.


Prévoir son matériel

Les médicaments et le matériel commercialisés à l’étranger peuvent être différents de ceux prescrits en France.

Par exemple, certains pays commercialisent encore, des flacons d’insuline concentrés à 40 unités d’insuline dans 1 millilitre (U40) et et n’ont pas, comme en France, des flacons concentrés à 100 unités d’insuline dans 1 millilitre (U100) .

Il faut donc s’assurer d’avoir suffisamment de médicaments et de matériel pour faire face à toute situation, surtout si le séjour se prolonge.

Prévoyez une quantité suffisante pour la durée totale de votre séjour et un stock supplémentaires pour 10 jours.

Tout ce qui concerne votre diabète doit être gardé avec vous, c’est à dire :

- Les médicaments antidiabétiques oraux (comprimés) ;

- Les stylos préremplis et/ou cartouches d’insuline avec les aiguilles, ou les flacons d’insuline et les seringues ;

- Le lecteur de glycémie en bon état de marche (vérifié et contrôlé), un jeu de piles supplémentaires et les bandelettes ou électrodes correspondantes ;

- une boîte de bandelettes urinaires ou d’électrodes pour la recherche d’acétone ;

- Du glucagon ;

- Des aliments en cas d’hypoglycémie (Ex : 3 sucres et barre de céréales);

- Si vous êtes porteur de pompe à insuline, les réservoirs et les cathéters en nombre suffisant, plusieurs jeux de piles, et votre carte “porteur de pompe externe à insuline” ou de pompe implantée ;- Un conditionnement isotherme pour garder l’insuline à l’abri de la chaleur.


Réunir les papiers concernant votre diabète

Le transport de seringues ou de pompes à insuline peut engendrer des difficultés au passage des douanes. Il vous faut donc :

- un certificat médical (en anglais et en français) attestant que vous êtes diabétique et êtes traité par insuline, ou par pompe à insuline ;

- votre ordonnance avec l’ensemble des traitements prescrits ;

- une ordonnance de secours précisant le nom de vos médicaments et/ou de vos insulines (en Dénomination Commune Internationale) ;

- les coordonnées d’un correspondant sur place (centre de diabétologie).


Formalités concernant tout voyageur

- Faites réaliser les vaccinations nécessaires et prévoyez les médicaments adaptés (fièvre jaune, paludisme...) ;

- Munissez vous des papiers officiels tels que le passeport, la carte d’identité, le visa ;

- Prévoyez une assurance rapatriement et demandez la carte européenne d’assurance maladie.

Attention, le délai d’obtention de ces documents peut être long.


PENDANT LE VOYAGE

En voiture

Vérifier votre glycémie avant le départ et partez de préférence le matin après un votre petit-déjeuner. Faites régulièrement des pauses (toutes les 2 heures), contrôlez votre glycémie et prenez des collations si besoin. Votre glycémie ne doit pas être en dessous de 0,80 g/l (glycémie de sécurité).


En train, en car, en bateau 

Prévoyez toujours un bagage à main bien équipé en cas de retard.

Prévenez le contrôleur, le chauffeur, ou un membre d’équipage que vous êtes diabétique.


En avion

Prenez en cabine (avec votre ordonnance correspondante) tout votre matériel et vos médicaments : la température de la soute est trop froide pour l’insuline et votre bagage peut-être égaré ;

Prévenez l'hôtesse que vous êtes diabétique : elle pourra réagir en cas de malaise ou vous porter votre repas sans délai excessif.

Le problème du décalage horaire ne se pose qu’au delà de 3 heures.

Dans ce cas, ne changez pas l’heure de votre montre au cours du vol, pour garder la notion du temps passé.

Préparez avec votre diabétologue la modification de votre schéma d’insuline N'hésitez pas à renforcer votre surveillance glycémique (toutes les 6 H) afin de pouvoir adapter des rajouts d’insuline ultrarapide et/ou des collations.


DANS UN PAYS ÉTRANGER

Préférez les aliments cuits

- Lavez tous les fruits et légumes consommés crus ou pelez les vous-même ;

- Évitez les laitages crus non-pasteurisés ainsi que les coquillages, poissons et viandes crus.

Attention à l’eau

- Buvez uniquement de l’eau en bouteille capsulée ;

- Utilisez des désinfectants en comprimés ou des filtres portables pour votre eau (pour boire, vous brosser les dents, laver les fruits et légumes...) ;

- Méfiez vous des glaçons ;

- Et surtout n’oubliez pas de bien vous hydrater en cas de chaleur.

Une règle d’or

Faites 3 repas par jour et gardez la découverte de nouveaux plats pour les repas afin d’éviter le grignotage. N’hésitez pas à demander la composition et la méthode de préparation de vos plats. Les habitants seront ravis de vous en faire part !

Téléchargez notre brochure « Diabète et Voyage » en cliquant ici.

Diabète et législation

DIABETE ET TRAVAIL

Le diabète ne justifie pas d’une incapacité de travail, mais la prévention des difficultés et des risques est essentielle. Il n’y a pas d’obligation d’informer son employeur de son état de santé, seul le médecin du travail est habilité à juger de l’aptitude à un poste donné. Il doit alors respecter le secret médical.

1/ L’embauche

Texte législatif de référence (Loi N° 2001-1066 du 16 novembre 2001, Article L 122-45 du code du travail) : “Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement /.../ en raison de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de ses “caractéristiques génétiques”, de son appartenance ou de son non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou, sauf inaptitude constatée par le Médecin du travail /.../ en raison de son état de santé ou de son handicap”.

                            => Dans le secteur privé :

✓ En théorie : Le diabète n’est pas un motif légal de refus d’embauche (sous réserve de l’évaluation médicale de l’aptitude au poste). En pratique, il est difficile d’invoquer des textes parfois ambigus (un employeur n’a pas à justifier un refus d’embauche), donc vous n’avez pas à faire état du diabète à l’embauche...

✓ Néanmoins, il faudra se garder d’invoquer le diabète pour obtenir un aménagement de son poste !

✓ Vous pouvez demander à la Caisse d’assurance maladie un carte d’affiliation ne mentionnant pas l’ALD.

                            => Dans la fonction publique :

✓ L’article 16 de l’ordonnance n° 59.244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires, ou les dispositions du décret d’application n°59.310 du 1’ février 1959 portant règlement d’administration publique relatif aux conditions d’aptitude physique pour les admissions aux emplois publics ne permettent pas de considérer le diabète comme une affection incompatible, d’une manière générale et absolue, avec l’exercice normal d’un emploi public

✓ Idem pour l’Éducation nationale (arrêté du 28 janvier 1980)

✓ Faîtes appel au besoin aux services de protection juridique de l’AFD, et à l’assistance de votre Médecin.

 

2/ Quel est le rôle du Médecin du travail ?                           

Il pratique la visite d’embauche et les visites annuelles, et détermine l’aptitude médicale à un poste de travail donné. Il est lié au secret professionnel vis à vis de l’employeur. Il est donc important que vous informiez le médecin du travail sur votre état de santé au mieux de vos intérêts.

Bien renseigné, le Médecin du travail pourra juger de la nécessité d’adapter ou non le poste en fonction du type de diabète, de son équilibre, de son traitement, de ses complications, le cas échéant après avis du Médecin Généraliste traitant et du Diabétologue


3/ Le statut de travailleur handicapé

✓ En théorie, il permet de postuler aux emplois réservés dans l’administration, et facilite l’accès à l’emploi dans les entreprises de plus de 20 salariés du secteur privé.

✓ En pratique, le statut de travailleur handicapé (MDPH) peut être utile :

    • Après l’embauche, pour avoir une protection plus importante

    • Pour bénéficier d’une jurisprudence favorable en cas de licenciement

    • Parce que préavis et indemnités de licenciement peuvent être alors majorés

La Maison Départementale des Personnes Handicapés (MDPH), autrefois appelée COTOREP peut être utile si un travailleur est reconnu inapte à son poste par la médecine du travail, sans possibilité d’aménagement du poste dans l’entreprise, et s’il y a licenciement pour inaptitude. Elle a, dans ce cas, un rôle de conseil, d’information, de réorientation professionnelle, voire d’attribution du statut de travailleur handicapé. La carte d’invalidité ou de priorité de stationnement est donnée pour une invalidité de catégorie 3 (état de santé nécessitant l’aide d’une tierce personne pour les actes de la vie courante).


4/ Métiers déconseillés / interdits

Certains métiers sont déconseillés comme :

* Les métiers de “service de sécurité”, nécessitant une vigilance accrue et un bon état de santé : les métiers de l’armée, pompier, gardien de prison, aviation, armée, marine mais aussi travaux en hauteur, sur des machines dangereuse ou travail isolé

Les métiers qui demandent une bonne vue : métiers de l’horlogerie...

Les postes physiques : métiers qui nécessitent des efforts physiques intensifs et réguliers horaires variables ou temps de travail groupés (ex 15 j de suite puis 2 j de repos)

Certains métiers sont interdits :

  • Les métiers de la sécurité : ils imposent un service actif de jour comme de nuit les services de lutte contre les incendies, l’aviation civile et commerciale, l’armée, la marine, certains postes de la SNCF et de la RATP (conducteur de train, travaux sur les voies…). Ces métiers ne sont pas accessibles aux personnes traitées par hypoglycémiant (insuline ou sulfamides hypoglycémiants…). Il faut citer aussi les services de la sûreté nationale, de la police nationale, le métier de gendarme ou de gardien de la paix.             
  • Les autres métiers qui dépendent d’une réglementation spécifique : les contrôleurs et les inspecteurs du travail, de la sécurité sociale ; les ingénieurs ou adjoints techniques des ponts et chaussées…
  • Les métiers interdits pour « cause de diabète » : emplois dans la fonction publique d'outre mer, les ingénieurs ou  agents techniques géographes.
  • ceux qui exigent d'avoir fait son service militaire : ingénieurs des eaux et forêts, des ingénieurs du génie rural, des officiers de haras, des préposés ou agents brevetés stagiaires des douanes (depuis la disparition du service militaire, ces restrictions n’ont normalement plus lieu d’être).

L’accès à ces métiers (issus pour la plupart de la Fonction Publique) sont réglementés par des textes de lois, au regard de l’évolution des traitements, des nouvelles technologies et des possibilités d’adaptation au poste de travail.

Il n’ y a par contre pas d’incompatibilité pour les emplois à horaires irréguliers : des diabétiques traités par insuline sont infirmière ou médecin. Il n’ y a pas non plus de contre indication au travail manuel.


5/ Arrêts de travail, retraite et impôts :

✓ Si un arrêt de travail a été prescrit à cause du diabète ou d’une maladie qui y est liée, les indemnités journalières sont non imposables et peuvent être versées pendant 3 ans sous réserve de remplir des conditions de durée de travail.

✓ Le montant des indemnités journalières correspond à la moitié de votre salaire

✓ Après 3 ans d’arrêt maladie, vous pouvez bénéficier d’une pension d’invalidité

✓ Le montant de votre pension d’invalidité dépendra de la catégorie dans laquelle vous serez classé et du salaire moyen des 10 dernières années

✓ Si vous ne pouvez plus travailler, vous aurez droit à une pension de deuxième catégorie.

✓ Pour les impôts, vous n’avez droit à une demi part supplémentaire que si vous êtes titulaire d’une carte d’invalidité.

✓ En l’absence du nombre de trimestre requis pour la retraite, vous pouvez faire une demande au titre de l’inaptitude.


DIABETE ET ECOLE

L’enfant diabétique doit avoir une scolarité normale (circulaire du 20 mars 1963), et ne pas être trop protégé.    

Un projet d'accueil individualisé (PAI) est rédigé à la demande de la famille par le directeur de l’établissement en concertation avec le médecin scolaire. 

Il prend en compte les recommandations médicales du diabétologue et décrits précisemment les circuits de l’urgence et les gestes d’urgence. La rédaction du PAI peut faciliter la communication entre la famille, les médecins et les enseignants, à conditions que ce document soit écrit avec la volonté de de rassurer et de concilier.

En cas de diffcultés, la famille peut contacter le Médecin Conseiller Technique au niveau de l’inspection.

PAI

Pour plus d’informations :  www.afd-diabete.fr


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