Etiquetage alimentaire : ce qu’il faut savoir

LES ALLÉGÉS

La mention « allégée » est une allégation comparative qui positionne le produit par rapport à d’autres produits non allégés. Cette mention ne peut être autorisée que si la réduction de la teneur est d'au moins 30% par rapport à un produit similaire. Le nutriment auquel se réfère l’allégation doit être précisé. Exemple : « allégé en matières grasses ».

Il est important de consulter la liste des ingrédients de ce genre de produit car il est fort possible qu’un autre ingrédient ait été ajouté pour pallier la diminution d’un autre. Par exemple, le chocolat allégé en sucres peut être plus gras ! D’autre part, l’allégement d’un produit peut se faire au détriment de sa qualité nutritionnelle (par exemple, pour fabriquer un yaourt aux fruits à 0% de sucres et 0% de matières qui aura la même texture et le même goût qu’un yaourt non allégé, il en faut des additifs et des édulcorants…).

De plus, si l’ aliment de base est très gras, sa version allégée de 30% sera toujours très riche en gras d’où un intérêt vraiment très limité (ex : la brioche allégée, les chips allégées…on aura tout vu !).

Enfin, on a parfois tendance à consommer ces produits en plus grande quantité , pensant qu’ils sont meilleurs pour la santé. Au final, la quantité de calories absorbées peut être plus grande (et d’additifs aussi) ! 

Une règle à retenir : plus vous consommez des produits simples (dont la liste d’ingrédients est courte), mieux ce sera ! Ne cherchez pas l’innovation et contentez vous d’aliments de base, voire maison. Si vous avez un potager, des oeufs de vos poules, un verger… c’est encore mieux !

Vous pouvez consulter le livre « Le bon choix au supermarché » (Collectif La Nutrition) qui décrypte pour vous 700 produits de supermarché.

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QUELQUES MENTIONS À LA LOUPE

produits-sans-sucres
  • La mention « sans sucre » peut en fait tolérer la présence de sucre jusqu’à 0,5 g de sucres (c’est-à-dire de glucides) pour 100 g ou 100 ml de produit. Le plus souvent, il s’agit de produits « sans saccharose » qui sont édulcorés, tels que les bonbons sans sucre.
sans sucre ajoute


  • La mention « sans sucre ajouté » signifie que le produit a été fabriqué sans ajout d’autre sucres ou substances sucrantes (saccharose , fructose, sirop de glucose,  miel,  jus concentré de fruits) mais contient le plus souvent naturellement une quantité non négligeables de sucre. Il s’agit par exemple des compotes sans sucre ajouté.
allege sucre


  • La mention « allégée en sucres » (ou « light ») : cela signifie que le produit doit contenir au minimum 30 % de sucre en moins qu’un produit standard similaire. Il en va d’ailleurs de même pour les produits dits « allégés en matière grasse ». Pour tous ces produits, le pourcentage d’allégement doit être indiqué sur l’emballage.


faible teneur sucre
  • La mention « à teneur réduite en sucres » ou « à teneur allégée en sucre » ou « pauvre en sucre » : Le produit peut contenir jusqu’à 5 g/100 g de sucres pour les denrées solides, et jusqu’à 2,5 g pour 100 ml pour les denrées liquides. Quant aux produits « à faibles teneur en matière grasse », ils ne peuvent contenir plus de 3 g de matières grasses par 100 g (aliments solides) ou 1,5 g de matières grasses par 100 ml (aliments liquides).


Retrouvez un lexique des mentions sur le site de lanutrition.fr.

Téléchargez la plaquette « L’étiquetage alimentaire »


LES EDULCORANTS

Édulcorer » signifie adoucir, ajouter un sucre ou un autre aliment ayant un pouvoir sucrant.

1/ LES ÉDULCORANTS DE SYNHTÈSE (liste non exhaustive)

On les qualifie « de synthèse », car ils sont issus de la transformation en laboratoire de différents composés chimiques. D’où leur autre nom « édulcorants artificiels ». On les désigne également sous l’appellation « édulcorants intenses » en raison de leur pouvoir sucrant très élevé (en comparaison avec le sucre de table qui sucre à 1, les édulcorants intenses ont une saveur sucrée souvent 400 fois > au sucre…). Les édulcorants de synthèse se divisent en deux catégories : les édulcorants de première génération (saccharine, cyclamate, aspartame) et les édulcorants de deuxième génération (sucralose, acésulfame-potassium, stevia).

Comment agissent ils ? Leur fort pouvoir sucrant nécessite une très petite dose pour apporter la même saveur sucrée que le sucre, d’où un apport calorique très modéré.


2/ LES ÉDULCORANTS DE CHARGE (OU SUCRES ALCOOLS)

Comment agissent ils ? Partiellement absorbés par l’intestin, ils y sont retenus, ce qui rend leur apport calorique réduit. Le principal effet secondaire reste les ballonnements en cas de consommation excessive.

Il s’agit du sorbitol, mannitol, xylitol, lactitol et maltitol. 


3/ LES AUTRES ÉDULCORANTS 

Composé en plus ou moins grande partie de fructose, leur consommation excessive de ces édulcorants peut augmenter les triglycérides du sang.


LES ÉDULCORANTS SONT ILS DANGEREUX ?

Les édulcorants de charge sont sans effet néfaste sur la santé. 

Des doses journalières acceptables (DJA) sont fixées pour les édulcorants intenses. Il s’agit de la dose d’additif qu’une personne peut ingérer tous les jours sans risque pour la santé, c’est à dire sans effet secondaire. Cette dose est 100 fois inférieure à la dose pour laquelle on a constaté, dans les études toxicologiques, un risque de toxicité pour l’organisme.

Néanmoins, les résultats des études menées sur la toxicité des édulcorants intenses sont controversés.

D’autre part, l’avis rendu par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sur les édulcorants mentionne ceci :

  • concernant les bénéfices nutritionnels, les études disponibles ne permettent pas de prouver que la consommation de produits contenant des édulcorants intenses présente un intérêt sur le contrôle du poids, de la glycémie des sujets diabétiques ou sur l’incidence du diabète de type 2 ;
  • concernant les risques, notamment le développement d’un cancer, d’un diabète de type 2 ou d’un accouchement prématuré, les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’établir un lien entre la survenue de ces risques et la consommation d’édulcorants intenses. Quelques études soulignent toutefois la nécessité d’approfondir les connaissances entre la consommation d’édulcorants intenses et certains risques

Ni bénéfices, et (peut être) pas de risques…


Autre étude : en février 2013 notamment, l'équipe de Françoise Clavel-Chapelon (Inserm, Institut Gustave Roussy) qui avait suivi plus de 66 000 femmes durant 14 ans, avaient trouvé que les consommatrices d'une quantité modérée de boissons édulcorées présentaient un risque accru de développer un diabète, par rapport aux non consommatrices. Mais il s'agissait là d'un lien statistique, ne prouvant nullement l'existence d'un lien de causalité. Néanmoins, une nouvelle étude publiée dans Nature confirme cette ambiguïté des édulcorants et révèle pour la première fois des perturbations de la composition et la fonction de la flore intestinale. « Nous avons été surpris de découvrir que trois édulcorants, la saccharine, le sucralose et l'aspartame , déclenchent chez la souris l'effet nocif même qu'ils sont censés prévenir : ils provoquent une mauvaise utilisation du glucose par l'organisme », raconte le professeur Eran Elinav, de l'Institut Weizmann en Israel, principal auteur de l’étude.

Mon conseil vous invite à vous en passer, et d’autant plus chez les enfants, les adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes.

Vous pouvez consulter le rapport intéressant du Réseau Environnement Santé (EDULCORANTS NATURELS ET DE SYNTHESE) et leur communiqué de presse du 10 décembre 2013


Téléchargez la plaquette « Les édulcorants ».


                                                                                                         Marie BITAUD, Diététicienne


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