Les pages infirmières


Free Style Libre, nouveau système de mesure en continue du glucose

À la fin des années 70, la mise à disposition d’appareils de mesure de glycémie capillaire a considérablement amélioré la prise en charge du diabète, en permettant la mesure du taux de sucre sur une goutte de sang au bout du doigt, alors qu’auparavant, seule la mesure du taux de sucre dans les urines était possible. Les appareils se sont simplifiés, miniaturisés, sont devenus plus justes et plus sûrs. Toutefois le geste restait agressif, traumatique, limitant la multiplication des contrôles, et donc l’obtention d’un bon équilibre glycémique avec un taux d’hémoglobine glyquée bas (HbA1c), sans hypoglycémies et sans variation glycémique brutale.

Depuis une dizaine d’années, des systèmes de mesure de glucose en continu sont apparus, ouvrant d’emblée des perspectives intéressantes, par exemple sur le dépistage d’hypoglycémies nocturnes méconnues, ou les périodes post prandiales souvent mal documentées. Ces systèmes ont été utilisés par quelques services hospitaliers spécialisés en diabétologie, soit en mode exploratoire, soit couplés à une pompe à insuline pour des patients difficiles à équilibrer, présentant des profils glycémiques très variables d’un jour à l’autre, ou des hypoglycémies répétitives, non ressenties, sévères. La possibilité d’activer des alarmes, voire d’interrompre temporairement le débit de la pompe en cas de plongée glycémique, était une première étape vers un authentique pancréas artificiel.

Malgré des études encourageantes, l’absence de prise en charge par l’assurance maladie, le coût élevé supporté par le seul budget hospitalier, la complexité des appareils (au moins au début) ont freiné jusqu’à présent leur utilisation.
Plus récemment est apparu un système plus simple d'utilisation, sans calibration, moins coûteux : le Free Style Libre® de chez Abbott, qui paraît offrir de multiples avantages par rapport à l’autosurveillance classique par glycémie capillaire :

-  les mesures peuvent être répétées à volonté sans contrainte de piqure au bout du doigt ;

-  la mesure « statique » s’accompagne d’une information « dynamique » : la glycémie est stable, elle monte, elle descend, un peu ou fortement ;

-  on peut visualiser facilement ce qui s’est passé dans les huit heures, et répondre par exemple aux interrogations sur l’existence d’une hypoglycémie la nuit ou pendant les périodes après repas.

                                                                          

Ces systèmes de mesure en continu du glucose pourraient être remboursés par l’assurance maladie sous certaines conditions dans le courant de l’année 2017. Toutefois, si l’on veut bien les utiliser et exploiter leur utilisation de façon optimum, il faudra revoir en profondeur les modes opératoires, notamment en essayant d'anticiper les variations des doses d’insuline délivrées (bolus, débit de base, doses de rapide ou de lente) ou de l’apport en glucides en fonction des informations apportées par le nouveau système de surveillance.

Pour répondre à cette problématique et mettre à votre disposition des modes opératoires et outils adaptés, les soignants du service de diabétologie de l’Hôpital de La Rochelle et du Réseau Atlantique Diabète (médecins diabétologues, infirmières, diététiciennes) ont longuement travaillé le sujet pour vous proposer des ateliers sur le sujet (voir journal d’information en cliquant ici)

                                                                                            

« Télécharger le guide d’utilisation de la mesure du glucose  en continu FreeStyle Libre »

Hypo- et hyperglycémie

Comment réagir à une hypoglycémie ?

✓ arrêter toute activité et confirmer si possible l’hypoglycémie par contrôle capillaire

✓ absorber des sucres à index glycémique élevé (qui remontent rapidement la glycémie) : 15g  ➜ 3 morceaux de sucre ou 1 verre de jus de fruit ou de soda ou 2 cuillères à soupe de miel ou de confiture ; 40g de pain blanc (2 tranches)

✓ recontrôler votre glycémie 15 minutes plus tard après le resucrage ;

✓ si la glycémie reste inférieure à 0,60g/l, se resucrer à nouveau comme précédemment.

                                 

En cas de perte de connaissance, votre entourage ou un soignant vous injectera une ampoule de glucagène. Il s’agit du glucagon, hormone hyperglycémiante, dont l’action est rapide mais brève. Il faut donc resucrer comme dit précédemment, après avoir repris connaissance. Le glucagon est à conserver dans le bac du réfrigérateur en vérifiant sa date de péremption.

 

Retrouver la vidéo de démonstration de l’utilsation du kit Glucagen en cliquant ici

Plaquette à télécharger ici

Comment réagir en cas d’hyperglycémie ?

Une hyperglycémie peut être transitoire (liée à un stress, un traitement, une infection…). Elle devient dangereuse si elle se prolonge et si les glycémies augmentent progressivement.

Ainsi, si les glycémies sont supérieures à 2,50g/l (pour les patients sous plusieurs injections d’insuline), il faut rechercher la présence de corps cétoniques à la bandelette urinaire (Kétodiastik, Kétodiabur) ou à l’aide de bandelettes capillaires spécifiques (Kétone optium…). La présence de corps cétoniques dans les urines témoigne d’une carence en insuline et nécessite une augmentation des doses d’insuline rapide ou ultra rapide en urgence.

L’apparition de troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales) sont signes de gravité. Dans ce cas, une prise en charge en milieu hospitalier est souvent nécessaire. Dans tous les cas, il faudra rechercher les causes du déséquilibre (infection, infarctus, prise de corticoïdes…).


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Vous pouvez télécharger notre brochure « hypo- hyperglycémie et modulation de doses » en cliquant ici.

L’autosurveillance glycémique : pour qui ? pourquoi ? comment ?

POURQUOI ?

L’objectif principal de l’auto-contrôle est d’aboutir à une prise de décision en fonction du résultat obtenu.

Votre médecin fixera avec vous des objectifs glycémiques, c’est à dire des résultats à atteindre avant les repas (à jeun) et après les repas (post prandiaux). Ces objectifs vous aideront alors à modifier votre traitement (doses d’insuline ou de médicaments), votre alimentation et/ou votre activité physique. 

L'intérêt de l’auto-surveillance glycémique est également de confirmer les signes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie afin de pouvoir y pallier.


POUR QUI ?

Si vous êtes traité(e) par insuline : une glycémie capillaire doit être réalisée avant chaque injection.

Des glycémies post prandiales (2h après le début du repas) pourront être effectuées dans la semaine en alternant les horaires.

Si vous êtes traité(e) par comprimés : l’auto-surveillance glycémique peut être prescrite par votre médecin dans certains cas seulement :

  • en cas de traitement par insulinosécréteurs (Amarel® Diamicron®, Novonorm® par exemple), comprimés qui peuvent entraînés des hypoglycémies, notamment en fin d’après midi ;
  • en cas de déséquilibre majeur de votre diabète lorsque l’on envisage de modifier votre traitement ;
  • à titre éducatif afin de vous permettre d’apprécier les effets de l’alimentation, de l’effort physique et du traitement sur vos glycémies lorsque l’objectif n’est pas atteint ;
  • chez la femme atteint de diabète gestationnel dans le cas d’un traitement par insuline.

Votre médecin vous indiquera alors le rythme des contrôle a effectuer : en général 2 à 3 glycémies à jeun et 2 à 3 glycémies post prandiales dans la semaine, en alternant les horaires.


L’ENTRETIEN DU MATERIEL

Les lecteurs de glycémie actuels sont faciles d’entretien. Pour un bon état de fonctionnement, il est préférable de maintenir le lecteur dans sa housse de rangement et de le garder propre.

Cependant il faut éviter de les exposer à des températures extrêmes (de 5 à 40° en moyenne) et en altitude (- de 200 m en moyenne).


Ne jamais utiliser de détergent ou d’antiseptique pour le nettoyer, le dépoussiérer avec un chiffon propre légèrement humidifié.

Vous pouvez nettoyer l’embase de votre stylo autopiqueur avec de l’eau et du savon et bien le sécher.

Votre appareil est garanti 4 ans si vous pensez à envoyer la carte de garantie.

S’il tombe en panne ou que vous avez un problème technique, vous pouvez appelez le numéro vert du laboratoire que vous trouverez sur la notice d’utilisation.

Retrouvez le tableau  des lecteurs en cilquant ici


LE REMBOURSEMENT

Le lecteur de glycémie est délivré en pharmacie soit seul sans consommable ou dans un kit comprenant un lecteur, un stylo auto-piqueur et une petite quantité de bandelette et de lancettes ;

La prise en charge est assurée pour :

- une attribution tous les 4 ans chez l’adulte
- deux attributions tous les 4 ans chez les enfants de moins de 18 ans.

  • si vous êtes traité(e) par insuline quelque soit votre type de diabète,
  • si vous êtes traité(e) par comprimés si la demande a été faite par votre médecin généraliste lors de la demande de prise en charge ALD (100%).

Les stylos auto-piqueurs peuvent être pris en charge une fois par an chez l’adulte, deux fois par an chez l’enfant de moins de 18 ans.


COMMENT INTERPRETER SES RESULTATS

Il est nécessaire de connaître vos objectifs glycémiques, c’est à dire la fourchette de glycémies à atteindre pour que votre diabète soit bien équilibré.

On distingue les objecfifs glycémiques avant les repas (qui peuvent par exemple aller de 0,80 à 1,20 g/L) et après les repas (par exemple inférieur à 1,60 g/L). 

C’est votre diabétologue ou votre médecin traitant qui vous indique quels sont vos objectifs glycémiques qui sont différents selon les patients (ils dépendent de l’ancienneté du diabète, de la présence ou non de complications…).


Vous pouvez télécharger la brochure « Autosurveillance glycémique » en cliquant ici.


L’insuline et autres traitements injectables : qu’est ce que c'est ? comment se piquer ?

Les différents types d’insuline

    • L’insuline rapide

Exemple: Actrapid®, Insuman rapide®, Umuline rapide® (de moins en moins utilisée).

Elle permet d’assimiler les glucides contenus dans un repas. c’est l’insuline “pour manger”. Elle doit être injectée 20 à 30 minutes avant le repas, sa durée d’action est de 6 heures environ.

Elle peut être utilisée dans des schémas associée à une insuline lente en plusieurs injections par jour.


    • L’insuline ultra-rapide ou analogue rapide de l’insuline

Exemple: Novorapid®, Humalog®, Apidra®.

Elle permet d’assimiler les glucides contenus dans un repas, c’est l’insuline “pour manger”. Elle agit très rapidement, doit être injectée juste au début du repas et son action dure 4 heures. ses propriétés font qu’elle se rapproche le plus de la sécrétion pancréatique.

Elle peut être utilisée dans des schémas à plusieurs injections par jour


    • L’insuline semi lente

Exemple: Insulatard®, Umuline NPH®, Insuman basal®.

Elle permet de maintenir la glycémie normale en dehors des repas. C’est l’insuline basale “pour vivre”.

L’injection se fait 30 minutes avant le repas et son action est de 12 heures. C’est une insuline trouble qui doit être agitée avant l’injection.

Elle peut être utilisée dans des schémas à une ou plusieurs injections par jour.


    • Les mélanges d’insuline

Ils associent en proportion variée (10, 20, 30, 40, 50) de l’insuline rapide ou ultra-rapide à de l’insuline semi lente.

* Rapide + semi lente

Exemple: Mixtard®, Insuman comb®, Umuline Profil® (10, 20, 30, 40, 50)

Ces mélanges sont utilisés en plusieurs injections par jour. l’injection se fait 20 minutes avant le repas, après agitation du mélange, sa durée d’action est de 12 heures.


* Ultra-rapide + semi lente

Exemple: Novomix 30®, Novomix 50®, Novomix 70®, Humalog Mix 25®, Humalog Mix 50®

Ces mélanges sont utilisés en plusieurs injections par jour. L’injection se fait au début du repas après agitation du mélange, sa durée d’action est de 12 heures.


      • L’insuline lente ou analogues lents de l’insuline

Exemple: Lantus®, Lévémir®, Toujeo®

Elle permet de maintenir la glycémie normale en dehors des repas. c’est l’insuline “pour vivre”. Elle est utilisée en une injection associée aux anti-diabétiques oraux (diabète de type 2) ou en une injection associée à trois injections d’insuline ultra-rapide (diabète de type 1 le plus souvent).

Elle agit entre 12 heures et 24 heures, l’horaire d’injection (matin, midi ou soir) doit être identique d’un jour à l’autre.


Schéma basal / bolus

Il s’agit d’un schéma comportant une injection quotidienne d’insuline à action prolongée associée à trois injections d’insuline ultra-rapides à chaque repas.


Conservation de l’insuline

Les stylos entamés se conservent à température ambiante, ils doivent être consommés dans le mois. Les autres stylos ou les flacons se conservent dans le bac à légumes du réfrigérateur.

Les insulines ne supportent pas les grandes différences de température; utilisez des sacs isothermes si vous devez voyager.


Examens à réaliser à jeun : scanner, IRM...


Signaler que vous êtes diabétique afin d’obtenir, si possible, un rendez vous en début de matinée.

SI VOUS PRENEZ DES COMPRIMÉS :

➞ Biguanides (Metformine®) : ne pas oublier de les arrêter 48h avant l’injection d’iode (scanner, urographie...) et de les reprendre 48h après l’examen ;

➞ Glinides (Novonorm®): ou Sulfamides Hypoglycémiants (Daonil®, Diamicron®, Amarel®) : ne pas prendre le comprimé dans les heures qui précèdent l’examen afin d’éviter un risque d’hypoglycémie. Reprendre son traitement après l’examen lorsque l’alimentation sera reprise.


SI VOUS ÊTES SOUS INSULINE :

➞ Une injection par jour avec un analogue lent d’insuline (Lantus®, Levemir®) : faire l’injection en diminuant la dose de 4 à 8 unités et renforcer la surveillance glycémique (peu de risque d’hypoglycémie)

➞ 2 ou 3 injections par jour : nécessité en général d’une hospitalisation de jour afin de vous perfuser avec un soluté de glucose car les injections d’insuline ne peuvent pas être supprimées

➞ 4 injections par jour : c’est le schéma dit “basal-bolus”. Il faut faire l’injection d’insuline lente avant l’examen en réduisant la dose de 4 à 8 unités et ne pas faire l’injection d’insuline rapide ou ultra rapide. Celle ci sera réalisée lors du prochain repas. Il est important de renforcer la surveillance glycémique.

➞ Pompe à insuline : diminuer le débit de base et ne pas réaliser le bolus avant l’examen. Renforcer sa surveillance glycémique.


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